Pâques.

Pâques.
A l'occasion des fêtes de Pâques, je tenais premièrement à vous fêter d'excellentes fêtes de Pâques à tous, puissiez-vous passer de bons moments en famille, que ce soit l'occasion de vous retrouver entre vous mais aussi de vous retrouver vous-mêmes, et deuxièmement à vous décrire ce qu'est réellement Pâques et ce que cette fête représente pour moi (car elle est, avec Noël, la date la plus importante du calendrier catholique). Je vous propose ici une lettre ouverte aux jeunes catholiques d'un père nantais, que j'ai trouvé sur www.le-retour-du-chouan.skyrock.com.

« Ne croyez pas ceux qui vous disent que la jeunesse est faite pour s'amuser ; la jeunesse n'est pas faite pour le plaisir, elle est faite pour l'héroïsme » P. Claudel
Bien chers amis,

Certains d'entre vous seront peut-être étonnés de voir un prêtre adresser une telle lettre aux jeunes alors que le carême se termine. En voici la raison, sous forme de calendrier :
Samedi avant le dimanche de la Passion : soirée
Vendredi avant les Rameaux : soirée
Samedi avant les Rameaux (et donc début de la Semaine Sainte) : soirée
Il s'agit bien sûr uniquement de l'avant-dernière semaine de carême : étant généralement d'un tempérament optimiste, je n'ai pourtant aucune illusion sur les semaines précédentes, sachant même qu'il y a déjà eu des soirées organisées par des catholiques... le Vendredi Saint !
Je ne reviendrai pas sur le débat classique « pour ou contre les soirées, pour ou contre les rallyes, etc. » Un confrère et ami de Nantes a déjà publié un excellent texte à ce sujet, et j'y souscris totalement. D'ailleurs, sans être devin, je puis imaginer qu'un petit curé de campagne, qui vécut à Ars voici près de deux siècles, doit y adhérer lui aussi du haut du Ciel.
Je voudrais pour ma part vous inviter à réfléchir, d'une manière plus générale, sur le sens de la vie chrétienne pour un jeune catholique en 2008.

En effet, il serait trop facile de se confiner dans un petit bocal confortable et « religieusement correct » : je vais à la Messe tradi, je suis même peut-être scout, j'ai un Sacré-C½ur ici, une fleur de lys là, je vais aux cours de caté, parfois même à la Messe de temps en temps en semaine... donc d'une part je suis en règle avec le Bon Dieu, et d'autre part je ne suis pas loin d'imaginer que je suis le meilleur.
Pensez bien que le grand danger qui vous guette, c'est la piété de façade, le « vernis catho », le simulacre d'une existence chrétienne basée sur les apparences. C'est d'estimer que l'on peut concilier la vie mondaine et la vie intérieure, et finalement (tôt ou tard) les ténèbres avec la lumière, autrement dit le péché et la grâce. Si le Christ avait été un homme de compromis, il ne serait pas mort sur la Croix !
Relisez la parabole du pharisien et du publicain : vous y voyez un homme qui limite sa piété à l'accomplissement de préceptes. Vous y voyez un autre qui veut vivre sa relation à Dieu dans la cohérence et dans la sincérité. Lequel d'entre eux êtes-vous ? Avez-vous cette unité de vie qui a toujours été la caractéristique première de tous les saints que l'Eglise nous montre en exemple ?
Le Seigneur, nous le savons bien, n'aime pas les demi-mesures, il n'aime pas la tiédeur, il n'aime pas la grisaille, il n'aime pas le respect humain.

Il n'a que faire des jeunes qui se limitent à une piété formaliste, fade, et qui est bien souvent hypocrite : par exemple, avant de communier, combien se posent la question de savoir s'ils ont assisté à la Messe avec attention et respect, ou s'ils sont en état de recevoir le Corps du Christ ? Etre honnête avec Dieu, c'est la meilleure façon d'être honnête avec soi-même et avec son prochain.
Il n'a que faire des jeunes qui n'ont pas le courage de refuser une invitation pendant le carême, et qui ont peur des ricanements de leurs amis ou de leur « milieu ». Vous craignez qu'on se moque de vous, vous redoutez qu'on vous traite de « coincé » ou de « rigoriste » ? Regardez donc un crucifix, et cherchez au fond de votre c½ur à qui vous voulez ressembler.

Si, pour vous, le carême se limite à marmonner machinalement une petite prière avant de vous coucher, à fumer huit cigarettes par jour au lieu de dix, à passer trois heures par jour sur internet au lieu de quatre, ou plus globalement à choisir des privations qui ne vous coûtent pas, alors ne venez pas vous plaindre si par la suite votre vie est maussade, si votre âme ne monte pas vers les sommets, ou si vous avez l'impression que Dieu est injuste lorsque vous êtes en face de l'épreuve, de l'obstacle ou de l'échec. A Celui qui a donné jusqu'à sa propre vie pour vous sauver, aurez-vous essayé d'offrir ne serait-ce qu'un seul sacrifice digne de ce nom (pas celui qui vous arrange, mais celui qui Lui plait)? Il est bon de penser souvent à cette inscription trouvée sur un vieux calvaire, et qui s'adresse à chacun d'entre nous :

« Je suis la Lumière, et vous ne me voyez pas...
Je suis le Chemin, et vous ne me suivez pas...
Je suis la Vérité, et vous ne me croyez pas...
Je suis la Vie, et vous ne me cherchez pas...
Je suis le Chef, et vous n'obéissez pas...
Je suis le Maître, et vous n'écoutez pas...
Je suis l'Ami, et vous ne m'aimez pas...
Je suis votre Dieu, et vous ne me priez pas...
Alors, si vous êtes malheureux... ne m'en veuillez pas ! »

Dieu merci, il y a des jeunes qui, semblables à saint Jean, sont prêts à suivre le Seigneur jusqu'au pied de la croix. Il y a des héritiers de Baden-Powell, de Guy de Larigaudie, de Pier Giorgio Frassati, du général Mac Arthur («On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d'années : on devient vieux parce qu'on a déserté son idéal.»)
Samedi dernier, pendant que certains dansaient et pensaient à tout sauf au Bon Dieu, d'autres sont venus regarder le film de Mel Gibson sur la Passion, et ont ensuite adoré le Vrai Dieu dans l'ostensoir. Plusieurs parmi eux ont même reçu le sacrement de pénitence. Il est clair que le Seigneur, tôt ou tard, saura les récompenser de leurs efforts, de leur ferveur et de leur persévérance :
« C'est bien, serviteur bon et fidèle, en peu de choses tu as été fidèle, sur beaucoup je t'établirai ; entre dans la joie de ton Maître » (Mt. 25,23).

Beaucoup d'entre vous iront sans doute ces prochains jours aux offices de la Semaine Sainte. Je souhaite, en tant que prêtre, y accueillir de nombreux participants qui veulent s'unir au Seigneur en esprit et en vérité, et non des spectateurs distants qui seront passés à côté de l'essentiel.
Il est grand temps, ne pensez-vous pas, de quitter la cohorte déjà trop nombreuse des chrétiens médiocres, et de rejoindre le Bon Dieu avec toute l'exigence que cela comporte, mais en pensant aussi à toute la liberté qu'Il vous accordera sur la terre et à tout le bonheur qu'Il vous procurera au ciel.
« Vous êtes le sel de la terre. Si le sel devient fade, avec quoi le salera-t-on ? Il n'est plus bon à rien qu'à être jeté dehors et piétiné par les hommes. » (Mt 5,13)
Que Notre-Dame nous aide à suivre toujours plus fidèlement Celui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie.
Bonne Semaine Sainte à tous !

Abbé Philippe Jouachim, FSSP.



Je rajouterai quelques propos à cette lettre, à laquelle, ma foi, j'adhère totalement. Comme vous le voyez, j'ai mis en image la couverture du film de la Passion du Christ de Mel Gibson. Et ce choix est parfaitement voulu, car j'entends déjà parmi vous les petites critiques et les grands verbiages, les petites colères et les grandes contestations. Ici, je m'en vais tuer dans l'oeuf toutes ses revendications que je trouve totalement vidés d'un hypothétique sens.
J'ai vu en tout et pour tout trois fois ce film, que je trouve remarquablement bien fait. Je l'ai vu dès sa sorti en 2004, j'avais 14 ans, et je n'ai pas été le moins du monde choqué par ce qu'il y avait dans ce film, au contraire, j'en suis ressorti renforcé, comme transcendé, même si je n'avais encore jamais autant pleuré devant un film. Je l'ai vu l'année d'après, lorsqu'il est sorti en dvd, puis je l'ai revu encore une fois avant-hier, pour le Vendredi Saint (jour symbolique de la Passion et de la Crucifixion de Jésus Christ) car, étant malade, je ne pouvais aller à la messe. Je n'ai noté que deux détails digne de contestations: le premier est le nombre de fois où Le Christ chute: dans la Bible, il est dit qu'Il chuta trois fois, alors que dans le film, Jésus tombe cinq fois; puis, Mel Gibson a confondu Sainte Marie de Magdala (ou Sainte Marie-Madeleine) avec la femme adultère, qui sont, normalement, deux femmes différentes, même si on pouvait qualifier Marie-Madeleine de femme adultère puisqu'elle était une prostituée. Ce sont les deux seules choses contre lesquelles j'avais quelque chose à dire, pour le reste, l'auteur reste fidèle aux Textes Sacrés, tout en y ajoutant quelques points de subjectivité, ce qui est parfaitement normal.
On a aussi entendu, en France uniquement, des critiques quant à l'antisémitisme du film. Pour ceux qui ne l'ont pas encore vu, je vous invite expressément à le voir (tout en vous y étant préparé auparavant, car même pour un athée, c'est une expérience difficile) pour vous prouver qu'il n'y a absolument rien de diffamant à l'égard du peuple juif dans le film. Alors certains ont souligné le fait qu'on les tournait de manière péjorative en tuant le Christ, sauf que, malheureusement pour eux, les faits sont là, les grands rabbins juifs sont à l'origine de la mort du Christ, puisque, pour eux, ce qu'Il disait était du blasphème. Je trouve leur réaction normale tout en étant condamnable, parce que j'aurais peut-être fait exactement la même chose si j'avais vécu à la même époque. Mais je vous le redis encore une fois, rien dans le film de Mel Gibson, mais vraiment absolument rien ne manque de respect aux juifs.
J'ai entendu aussi à de nombreuses reprises que c'était de la violence gratuite. Or c'est parfaitement faux. Les fictions comme Saw, comme La Colline a des Yeux, comme The Grudge, comme L'Exorciste, ces fictions sont effectivement de la pure violence gratuite, mais on ne peut absolument pas dire cela de La Passion du Christ. Ce film est un documentaire historique qui tend à montrer aux chrétiens du monde entier, qui commençaient à s'endormir un peu, tout ce que le Christ Jésus a souffert pour nous. Historiquement, l'existence de Jésus ne fait aucun doute, et je pourrai, si vous le désirez, vous indiquer des livres qui en traitent. Pas plus que les circonstances de sa mort. Les Romains exécutaient les condamnés à la peine capitale en les crucifiant, supplice parmi les plus horribles qui soit. Les tableaux anciens et les vitraux des églises, qui illustrent la passion de Jésus, le dépeignent bienheureux, en extase, rayonnant avec tout au plus un ou deux filets de sang. Ces représentations sont loin de la sinistre réalité de la crucifixion. Rappelons-nous que "Jésus le Christ a souffert cent fois ce qu'un homme pouvait souffrir", a été frappé, giflé et qu'on Lui a craché au visage pendant son simulacre de procès, qu'Il a été flagellé, humilié, qu'on lui a fixé une couronne d'épines sur la tête et qu'on la couvert d'un manteau rouge alors que ses plaies étaient à vif, qu'Il a été fouetté et forcé de porter la totalité de sa croix jusqu'au mont Golgotta et qu'Il a enfin fini par être crucifié et qu'on Lui a percé le côté. Alors il est vrai que la représentation propre et nette du Christ sur sa croix n'est pas très représentative des souffrances qu'Il a subi. Ceux qui ont vu le film de Mel Gibson " La Passion du Christ " s'accordent à dire que celui-ci illustre les souffrances du Christ avec un réalisme bouleversant. Il rétablit ainsi la vérité sur l'aspect sanglant et abominable de sa mort. Mais n'omettons pas de dire que des milliers d'hommes, et même d'avantage, ont connu eux aussi ce supplice odieux ! Si la violence est toujours condamnable, le véritable scandale est ailleurs.
La Passion du Christ ne fait pas partie de ces "blockbusters" hollywoodiens à grand spectacle. Ce film n'a fait l'objet d'aucune publicité volontaire et ne se veut absolument pas comme étant une fiction comme il se fait à la pelle chaque année. Si vous voulez voir ce film, n'y allez pas les mains dans les poches en vous disant que ce sera un film comme les autres, car vous aurez tord sur toute la ligne. Ce film relate des faits HISTORIQUES qu'un homme a réellement subis, et si vous n'y allez pas après vous être préparés, autant vous dire que cela ne sert à rien de le voir.


Concernant Jésus Lui-même, comme je vous le disais, Son existence et les conditions de Sa mort sont, d'un point de vue historique, des faits prouvés et sûrs. Ce qui l'est moins, c'est qui Il était... Etait-ce un imposteur, un illuminé, ou était-ce vraiment Le Fils de Dieu? Je vais ici tenter de vous apporter des éléments de réponses. Qu'Il ait été un fou ou un menteur, cela reste peu vraisemblable. L'Histoire a connu de grands mystificateurs mais aucun d'eux n'est allé jusqu'à la mort, surtout pas la mort cruelle de la crucifixion, pour accréditer sa propre imposture. Un mythomane, un illuminé n'aurait pas pu faire autrement que protester de son innocence à l'approche de la mort. Il aurait imploré grâce ou cherché à se défendre. Le Christ, Lui, est resté entièrement maître de ses propos, de ses sentiments, alors même qu'Il endurait ... le calvaire ! De même, les miracles relatés de la Bible et qui sont de Son oeuvre nous prouvent bien le contraire (en effet, plus nous avançons dans l'histoire, plus la Bible semble devenir un livre historique): comment un simple homme aurait pu avoir le pouvoir de guérir des lépreux, des aveugles, des paralysés, des malades mentaux, comme aurait-Il pu ressusciter un enfant mort depuis 3 jours, Lazare mort depuis 4 jours, ou comment aurait-Il pu donné du pain et du poisson à des milliers de personnes alors qu'Il n'en possédait à la base que 5 et 2? De même, au moment de Sa crucifixion, un orage subit se déclara, accompagné d'un tremblement de terre ainsi qu'un dernier fait extraordinaire: tous les morts de Jérusalem sont sortis de leur tombeau. Toute sa vie le Christ a déclaré être le Fils de Dieu. C'est ce dont Il a été accusé et ce pourquoi Il a été crucifié. Il a parlé, Il a aimé, Il a agi et Il a donné sa vie comme seul Dieu peut le faire. D'ailleurs, l' Évangile rapporte le détail suivant :
Voyant de quelle manière il était mort, l'officier romain, qui se tenait en face de Jésus, dit : - Cet homme était vraiment Fils de Dieu ! ” (Marc, 15; 39). De même, on vient de me dire que ce que j'ai énoncé ne faisait pas figure de preuves qu'Il était bien Fils de Dieu. Je demande bien pardon à la personne qui a posté cette objection, mais si, c'est bien une preuve. Comment un simple homme, s'Il n'avait pas été Fils de Dieu, aurait pu racheter nos péchés par Sa mort? Comment aurait-il pu ressusciter trois jours après sa mort s'Il n'avait été qu'un simple saint ou un quelconque prophète? De même, s'Il n'avait été rien de plus qu'un simple homme, comment aurait-Il réussi à rassembler autant de monde (encore aujourd'hui) autour de Sa vie, de Sa parole, autour de ce qu'Il a annoncé, autour des miracles qu'Il a exécuté? S'Il n'avait pas été le Fils de Dieu, comment aurait-Il pu savoir ce qu'il l'attendait? Car en effet, Jésus était parfaitement conscient de ce qu'Il allait subir, Il l'a dit et répété aux apôtres et à Sa Mère, au moment précis où Il rendit l'esprit, Il dit: "Tout est accompli". De même, parmi de nombreuses autres paroles dans les évangiles, on peut noter ceci, écrit dans l'évangile de Luc, au chapitre 18 et aux versets 32 et 33: "Le Fils de l'homme sera remis entre les mains des païens, on se moquera de lui, on l'insultera, on crachera sur lui. Et après l'avoir battu à coups de fouets, on le mettra à mort. Puis le troisième jour, il ressuscitera". C'est ce que Jésus annonça de Lui à ses apôtres.

Pour les croyants, j'entends aussi parfois que certains ne peuvent pas accepter le fait que Jésus DEVAIT mourir, c'est-à-dire qu'Il devait subir tous les outrages qu'Il a subit, c'est-à-dire aussi que ces personnes refusent l'existence du Plan Divin, car selon eux, ce serait une marque de cruauté et de méchanceté de Dieu qu'ils ne peuvent concevoir puisque Dieu est amour et bonté. Or, là où ces croyants se trompent, c'est qu'en disant cela, ils assimilent Jésus à un simple homme, comme nous autres. Or Jésus était bien plus que cela, Il était Dieu. Il était fils de Dieu au même titre que nous tous (puisque Dieu est notre Créateur), mais seulement dans sa matérialité. Il était Fils de Dieu et Dieu Lui-même car Il était l'incarnation de Dieu. Son corps était homme, mais son esprit était Dieu. "Dieu s'est fait homme". Il n'a pas engendré un autre homme, tel que nous, Il s'est créé un corps pour nous annoncer Ses volontés et la Bonne Nouvelle qui nous concernait, et nous concerne tous. Ces croyants voient en Jésus un pantin de Dieu qui devait souffrir pour nous sauver, c'est-à-dire que dans cette conception, Jésus était un martyr qui devait servir à sauver tous les autres. Mais c'est un raisonnement erroné: Jésus le Christ n'était pas un simple homme sous la domination de Dieu, Il était Dieu incarné, et cela rend encore plus beau Son sacrifice. Dieu n'a pas choisi un homme pour souffrir à Sa place et pour nous sauver du péché, Dieu s'est mis Lui-même dans la souffrance et dans la douleur pour nous racheter nos fautes, Dieu a souffert tout cela pour nous. Et cela devait se produire, comme les Ecritures de l'Ancien Testament le prédisait, et le Christ en avait conscience, Il l'a dit à de nombreuses reprises, Il l'annonça pendant la Sainte Cène: "En vérité, en vérité, je vous le dis, l'un de vous me livrera" (Jean, 13;21); et après l'avoir annoncé à de nombreuses reprises, lors de Son arrestation sur le Mont de Oliviers, Jésus Christ dit: "Judas, c'est donc par un baiser que tu livres le Fils de l'Homme." (Luc, 22; 48)

Je complèterai cet article aussi souvent que j'en éprouverai le besoin, alors tenez-vous éveillés. Je vous souhaite à tous une très bonne nuit.

In Christo Rege.
VDVRVF.

# Posté le dimanche 23 mars 2008 19:15

Modifié le mercredi 26 mars 2008 17:14

Elections municipales 2008: le vote "débile".

Je vous écris cet article ce soir pour vous parler du thème principal de ces derniers jours en France: les élections municipales et cantonales.

J'ai regardé longuement nos chers dirigeants des partis politiques français sur les chaines de TF1 et de France 2. Et je dois vous dire que je suis consterné...
Du côté de la "gauche" française, on pouvait remarquer la présence (ou l'intervention en duplex) de personnes comme Ségolène Royal, François Hollande, Pierre Moscovici, Elizabeth Guigou, Laurent Fabius, Marie-George Buffet ou encore Olivier Besancenot.
Du côté de la "droite" française, on pouvait noter la venue (ou l'intervention en duplex) de Jean-François Copé, Xavier Bertrand, Rachida Dati, Jean-Marie Le Pen, François Fillon, Hervé Morin ou encore Roseline Bachelot.
Et je ne parle pas de Mariel de Sarnez ou de François Bayrou (ça fait beaucoup de François, n'est-il pas?).
Si vous avez regardé les mêmes chaines que moi, vous avez pu constater de part et d'autres un torrent de colère (chez certains, plus pondéré que chez d'autres) qui se déversait sur les adversaires respectifs de chaque parti. Du côté de la gauche, j'ai pu noter l'attachement de Mme. Royal à l'expression du "vote sanction", qui n'a finalement pas eu lieu dans les proportions escomptées par la gauche, j'ai pu remarquer la démagogie profonde de M. Fabius, le verbiage stérile de M. Besancenot (qui devrait faire profil bas vu ses piètres résultats), la violence exacerbée de Mme. Buffet ou encore le donneur de leçons qu'est M. Moscovici. A droite, j'ai vu un entêtement particulier à la limite de la fierté concernant les résultats de l'UMP et de la DVD (qui ne sont guère bons comparés à 2001) chez M. Copé, et j'ai vu aussi une persistance de la politique menée depuis 10 mois chez M. Bertrand alors qu'il devrait tout de même tenir compte de ce léger avertissement, et j'ai vu une absence totale de Mme. Dati qui ne servait que de décor.

Au niveau national, les candidats de gauche se targuent de cette "victoire écrasante" (selon les mots de M. Fabius), qui n'est finalement pas si énorme que ça, parce que beaucoup de villes restent encore à droite (par exemple, dans les Hauts-de-Seine, une trentaine de villes ont vu des candidats de droite être élus dès le premier tour) ou même pire, beaucoup de villes sont passées de gauche à droite, mais on évite pas mal de le dire... Mme. Royal, comme je vous le disais tout à l'heure, a revendiqué avec allégresse le "vote sanction" infligé à M. le Président, alors qu'il n'en est rien. Comme le soulignent fortement les candidats de droite (qui ont raison sur ce point), les municipales ont D'ABORD un enjeu local avant d'être national. Par là donc, si des électeurs ont voté par pur principe de réprimer M. Sarkozy quant à sa politique, je pense que la gauche ne devrait pas du tout en être fière parce que c'est là un manque criant d'intelligence et de maturité. Quant aux candidats de droite, contrairement à ce qu'ils veulent bien laisser paraître en nuançant fortement les résultats, ils doivent activement prendre fait et compte des événements derniers plutôt que de faire mine de ne rien entendre, parce qu'il est cependant vrai que la politique nationale a beaucoup pris le pas sur la politique locale.

A mon niveau, je voudrais vous parler de ma consternation concernant les élections dans ma ville. J'habite dans une ville des Hauts-de-Seine nommée Colombes, comptant 83 milles habitants, soit une ville de l'importance de Lille.
En 1965, M. Frelaut, candidat du Parti Communiste, fut élu à la tête de la mairie. Ce fut alors une descente aux enfers de trente-six années. En 2001, le chômage avait atteint 14.7%, l'insécurité avait augmenté de 76%, les logements sociaux étaient devenus inhabitables, la ville était d'une saleté innommable, aucune grande entreprise n'était présente sur le territoire de la ville, et pour clore le tout: Colombes comptait une dette de 138 millions d'euros, faisant face à la menace d'une mise sous tutelle, le préfet ayant posté 4 lettres d'avertissements en 1998, 1999, 2000 et 2001. Puis vint le temps du renouveau avec la candidate UMP M. Nicole Gouéta. En effet, sous sa direction, la ville a diminué sa dette de 48 millions en sept années, elle a créé ou rénové des logements sociaux, en comptant donc 38% sur Colombes (contre 20% au niveau national), le chômage est passé de 14.7 à 7.7%, l'insécurité a diminué de 44%, la ville est devenue "ville fleurie" et est devenue un exemple d'écologie dans tout le département 92, elle a créé une police municipale et a installé des caméras de surveillance dans les "point chauds" de la ville, 192 places de crèche ont été créées contre 15 pour M. Frelaut entre 1995 et 2001, elle a mis en place 800 réverbères permettant ainsi une bien meilleure luminosité et installant un climat plus confiant et serein, de grandes entreprises comme Arkéma, Pepsi-co, Tétrapak ou encore Elyo se sont implantées dans la ville (parmi beaucoup d'autres), et elle a enfin concerné 265 millions d'euros pour la rénovation urbaine du quartier nord de Colombes où habitent 48% de la population. Elle a même prévu la rénovation du mythique stade olympique Yves Du Manoir, vieux de plus de 80 ans que M. Frelaut a laissé à l'abandon et a quasiment détruit. Je vais m'arrêter là pour le bilan car la liste est encore très longue et je pense que pour vous tous qui n'habitez pas Colombes, cela ne représente pas grand chose.
Je vais maintenant vous énoncer le projet flou, inexistant et vide du candidat alliant PS-PC-LO et les Verts, M. Philippe Sarre: "une politique fiscale juste et mesurée; des logements pour tous; un aménagement équilibré; une politique de sécurité et de prévention; une solidarité active; un soutien actif aux associations sportives et rénovation d'équipements; une vraie ambition culturelle s'appuyant sur la diversité des associations; des élus proches et intègres; une participation citoyenne vivante: une vie associative encouragée et soutenue; une opposition respectée; un vrai projet de ville; priorité à l'écologie urbaine; amélioration des déplacements et développement des circulations douces; soutien au développement économique, à l'emploi et à la formation; maintien et renforcement du commerce et de l'artisanat etc etc..." Toutes ces propositions, comme vous pouvez le constater, ne sont que des "coquilles vides", de belles promesses sans aucune budgétisation ni propositions concrètes (contrairement à la candidate UMP). Je tiens à souligner quelques faits pendant cette campagne: les soutiens de M. Sarre ont agressé à plusieurs reprises verbalement ET physiquement les distributeurs de tracts de Mme. Gouéta (j'ai été témoin de la chose), M. Sarre a payé des gardiens d'immeuble pour venir voter pour lui, il a insulté Mme. Rama Yade (n°3 de la liste de Mme. Gouéta) lors d'une conférence, tenant des propos allègrement racistes (l'affaire a même fait le 20 heures sur TF1 et France 2), et il a même falsifié une lettre du préfet des Hauts-de-Seine pour montrer que Colombes n'a jamais failli être placée sous tutelle...

Aujourd'hui, la bêtise humaine, la régression et l'ignorance populaire ont fait leur choix: l'équipe de M. Sarre a été élu avec 53.4% des voix contre 46.6% pour Mme. Gouéta...
Je tiens quand même a insisté sur le fait que M. Sarre a bien précisé qu'il était fier de sa campagne, qu'il a qualifié de "propre" (je n'imagine donc pas l'état de ce qu'il qualifie de sale), de même, je suis allé ce soir à la mairie pour y voir les résultats: là-bas ce n'était que liesse et hurlements dans tous les sens. Le seul problème était le caractère de ces hurlements: "Nicole, on t'encule... Rama, va te faire voir...", des insultes par centaines pour les malheureux gens de droite qui sont venus assister au carnage, des écrans étaient disposés dans le hall pour montrer les discours des deux candidats, lorsque Mme. Gouéta et son équipe sont intervenues, ce n'était que hurlements, insultes, sifflets et bras d'honneur, empêchant donc totalement une quelconque écoute du discours de la liste UMP. Des personnes ont même couvert les écrans avec leur main tout en crachant dessus...
Revenez quelques lignes au-dessus. M. Sarre n'a-t-il pas dit vouloir être "respectueux de l'opposition"? N'a-t-il pas dit et affirmé sa volonté d'une mise en place d'une réelle démocratie participative (que Mme. Gouéta a installé et conforté depuis longtemps déjà)? Eh bien, est-ce cela la démocratie selon la gauche? Est-ce cela le respect de l'opposition selon les socialo-communistes?...

Je voulais vous montrer à travers l'exemple de ma ville ce qui s'est reflété dans bien des villes en France: la sanction d'une liste active et bonne pour les fautes de communication du Président... Car cette défaite de Mme. Gouéta n'est rien d'autre que ce fameux "vote sanction" dont tout le monde parlait... Alors ce n'est pas pour autant que je me contredis: j'ai bien précisé "dans bien des villes de France" et pas dans toutes, car, heureusement, le peuple français n'est pas aussi stupide que celui de la ville de Colombes... Je pense en effet que si dans certaines villes de France, la gauche a pris le pouvoir des mains de la droite et si dans beaucoup de villes de France, la droite était en ballotage si serré, ce n'était que pour cette raison: une volonté de sanctionner le Président, au mépris total de la politique locale menée par l'équipe anciennement élue... On peut prendre le même exemple pour Strasbourg, où la maire sortante UMP a été battue par un candidat socialiste, simplement parce que les strasbourgeois n'aimaient pas sa manière de gouverner la ville et ce malgré un bilan plus que positif...


Bref, j'arrête là mon article car cela ne servirait à rien que je continu mon discours, je pense que le message est assez clairement passé. Juste une chose: je n'ai pas soutenu Mme. Gouéta parce qu'elle était UMP, mais plutôt parce qu'elle fut une maire exceptionnelle, active et dévouée pour sa ville... Voilà comment lui sont rendues ses sept années d'efforts... C'est pitoyable. C'est à se demander si la France acceptera un jour d'être sauvée...

Bonne nuit à tous quand même et à bientôt.

Domine Salvam Fac Regem.
Elections municipales 2008: le vote "débile".

# Posté le dimanche 16 mars 2008 18:24

Modifié le lundi 17 mars 2008 08:11

Le retour du Roi: fantaisie ou probabilité?

Le retour du Roi: fantaisie ou probabilité?
"Je suis devenu royaliste par raisonnement. D'abord parce que le roi incarne la nation. Ile roi est le ciment moral, la colonne vertébrale de la nation. Ensuite parce qu'il existe un lien sacré dans le principe royal. La formule "roi par la Grâce de Dieu" est souvent mal comprise. Elle veut simplement dire que la Grâce de Dieu, dans la mesure où l'on y croit, est sur le roi en raison de la responsabilité immense qu'il a. Je trouve ce lien sacré, entre quelque chose qui nous dépasse et nos réalités terrestres, extrêmement réconfortant. Pour ma part, je préfère croire au principe royal et à quelqu'un qui dépend, si peu que ce soit, de la divinité, plutôt qu'à un homme qu'on élit tous les cinq ans, qui change et qui, à mes yeux, n'est absolument pas représentatif.

Reste à savoir si le retour du roi est encore possible. La situation de la France n'est pas la même que celle de ses voisins européens, dont beaucoup vivent très bien en monarchie. Nous avons connu 1789, nous vivons une coupure totale depuis 1848. Le peuple français n'est plus le même du tout. Il a complètement changé, surtout depuis les trente dernières années. Je ne me demande pas si le roi peu revenir. Je me demande si le peuple peut encore vouloir le retour du roi... Et pourtant, la République semble toujours se défendre. Les hommes politiques parlent de la République au lieu de parler de la France, et ne peuvent faire un discours sans y mettre plusieurs fois le mot "républicain". Le lois sont républicaines, tout est républicain. Comme si la République était menacée alors qu'elle est acquise. Je pense que l'héritier doit d'abord s'occuper de la frange, relativement importante, de la population qui est encore apte à concevoir le retour du roi, à le recevoir, à l'accepter et même à le préparer: les royalistes mais aussi tous ceux, nombreux en France, à qui le retour du roi ne déplairait pas. Beaucoup ne sont pas royalistes pour autant, mais ils constatent l'épuisement d'un système et seraient prêts à essayer autre chose. Je m'en suis rendu compte en m'occupant du bicentenaire de la mort de Louis XVI, en 1993. Il est peut-être nécessaire de moins s'occuper de la grande partie des Français qui ne sont pas prêts à envisager et comprendre un tel changement. Après tout, les Capétiens, les Valois, Louis XIII sont allés à la castagne en s'opposant à certains de leurs sujets! L'héritier a devant lui un pré carré, constitué des Français qui peuvent l'entendre. C'est de ce prés carré qu'il doit s'occuper activement pour réunir tous ceux qui peuvent encore l'être."

Jean Raspail, dans Valeurs Actuelles, le 19 janvier 2007.

# Posté le mercredi 12 mars 2008 15:11

"Pas de Dieu, pas de Roi!"

Dans cette nouvelle série d'article, je vous proposerai ici des interviews de Jean Raspail, historien et écrivain royaliste de renom, sur le thème de la monarchie en France actuellement. En revanche, veuillez m'excuser pour les dates des interviews qui commencent à vieillir mais restent absolument d'actualité, et les réponses qui y sont apportées sont de tous âges.
A l'occasion de la sortie en librairie du Roi au-delà de la Mer, M. Jean Raspail a accordé un entretien à Sébastien Le Fol du Figaro Littéraire, sur le thème: "Pas de Dieu, pas de Roi!"



Le Figaro Littéraire. - Comment peut-on encore se proclamer royaliste en l'an 2000?
Jean Raspail. - Le royalisme tel que je le conçois n'est pas une position politique. C'est au contraire, une attitude éthique, philosophique et religieuse. Le royalisme est une idée belle et noble qui satisfait ce que l'on a de meilleur en nous-même: l'héroïsme, le sens du sacré et l'idéal.

Tout de même, le royalisme n'est-il pas archaïque sur le plan politique?
L'idée royaliste ne sera jamais ringarde car elle est permanente. Aujourd'hui, en France, personne n'incarne la continuité de la nation. Je pense qu'on peut aimer un roi, être fidèle à un roi... mais pas à un président de la République.

Croyez-vous au rétablissement de la monarchie en France?
La rupture a été trop longue. Plus de cent cinquante ans se sont écoulés depuis le dernier roi de France. Le roi n'est plus un personnage de l'imaginaire français! Dans l'inconscient collectif, le souvenir de l'onction divine, qui faisait autrefois les rois, a disparu. Le roi, l'héritier, le royaume de France, la présence de Dieu dans le pouvoir, le sens de l'Histoire, le destin national incarné par un souverain échappant aux caprices du suffrage universel, tout cela n'a plus aucun sens pour 99.5% de nos compatriotes. La France est le pays d'Europe le plus déchristianisé. Or, pas de Dieu, pas de Roi!

Pourtant, la vie des têtes couronnées n'a jamais autant fasciné le public. Le succès des magazines spécialisés et des retransmissions de cérémonies royales à la télévision en témoigne.
Si vous voulez dire que les Français sont royalistes sans le savoir, vous vous trompez. S'ils s'intéressent autant à la vie des têtes couronnées, c'est peut-être parce qu'elle les fait rêver. Mais pas plus que celle des vedettes de cinéma. Je suis persuadé que si Henri V avait obtenu le drapeau blanc fleurdelisé en 1873, les Français l'auraient chassé peu de temps après.

L'un des obstacles à la restauration de la monarchie n'est-il pas les prétendants eux-mêmes? Voyez la querelle autour de l'héritage des Orléans...
Les Orléans n'ont vraiment pas de chance. Cependant, il faut bien distinguer la fidélité au souverain et l'opinion qu'on a de lui. Le souverain incarne la nation, c'est dans l'ordre des choses.

Votre roman, Le Roi au-delà de la Mer, s'adresse à un roi imaginaire, Philippe Charles François Louis Henri Jean Robert Hugues Pharamond de Bourbon. Pourquoi pas aux rivaux prétendants à la couronne?
Je ne veux pas entrer dans le débat dynastique. Aussi me suis-je inventé un Bourbon hypothétique, symbolique, un Bourbon de substitution auquel j'ai l'honneur de m'adresser en leurs lieu et place. C'est plus commode. Avec lui, nous ne risquons pas de nous brouiller, alors que les deux autres princes pourraient me reprocher de me mêler de ce qui ne me regarde pas, ce qui serait d'ailleurs assez vrai. Et puis, Le Roi au-delà de la Mer est un roman. Je l'ai écrit comme une sorte de chevauchée dans le rêve.

Le premier conseil que vous donnez à ce roi, c'est de s'exiler, de disparaître. Pourquoi?
L'abrogation de la loi d'exil en 1950 a eu pour effet de banaliser les prétendants. Ils ne sont plus que des Français en France, privés de leur auréole de proscrit. S'ils n'y prennent garde, ils risquent de se fondre dans ce théâtre ambulant à la Pirandello avec ses bals caritatifs, ses réceptions sponsorisées, ses mariages merveilleusement princiers et son casting d'enfer, coiffeurs, couturiers, top models, histrions de télé, publicistes et requins de la finance. Mon prince imaginaire est un prince de vitrail. C'est pourquoi il choisit l'exil. Cela le grandit et rétablit les distances entre le spirituel et le matériel, entre le sacré et le politique, dont il aurait été privé en cédant imprudemment au courant commun de la vie.

Vous imaginez toutes sortes de scénarios pour rétablir la monarchie. Lun d'eux prévoit carrément une insurrection armée, qui se déroule, dans votre roman, le 29 avril 2000. Ne craignez-vous pas d'être accusé d'incitation à la violence?
Mon roi est pacifique. Il ne veut pas la guerre civile. Il mène un duel symbolique contre l'idée républicaine. Encore une fois, mon livre est un rêve.

Toutefois, certains pourraient être tentés d'aller jusqu'au bout de votre rêve. Cela s'est déjà produit avec votre roman Sire, dans lequel vous imaginiez le sacre du roi de France à Reims, en février 1999. Le jour J, une poignée de jeunes gens, qui ne s'étaient pas concertés, se sont retrouvés au rendez-vous. Souhaitez-vous qu'il en soit ainsi le 29 avril prochain?
Pour ma part, je serai chez moi le 29 avril prochaine! (rire)

Ne craignez-vous pas, avec ce livre, d'apparaître comme un écrivain militant?
Je ne veux pas jouer le rôle de l'écrivain royaliste. Je suis un écrivain qui est royaliste. Un point c'est tout. Je n'ai jamais milité dans aucun mouvement que ce soit.

Comment êtes-vous devenu royaliste?
Mon père l'était. Modérément, mais il l'était. Moi, ça m'est venu vers la quarantaine. Le royalisme a peuplé un grand vide en moi. Il a remplacé avantageusement ma désaffection progressive à l'égard de la façon dont la France se conduit et s'est conduite. Au début, c'était un royalisme de raisonnement. Puis, au fil du temps, c'est devenu beaucoup plus profond. Intérieurement, c'est très satisfaisant. Même si, je vous le concède, c'est un peu une tour d'ivoire.

Votez-vous?
Absolument. C'est d'ailleurs à l'un de mes grands ancêtres, François Vincent Raspail, que l'ont doit le rétablissement du suffrage universel en 1848.

Votre royalisme n'est-il pas une forme de dandysme?
Si vous entendez par dandysme l'affirmation de l'individu contre la masse, alors oui mon royalisme est un dandysme.

Cette cause ne vous séduit-elle pas avant tout parce qu'elle est perdue?
Détrompez-vous! Si la monarchie était restaurée en France, je serais le premier fidèle du roi.
"Pas de Dieu, pas de Roi!"

# Posté le mercredi 12 mars 2008 14:49

Modifié le mercredi 12 mars 2008 15:19

Pourquoi être royaliste.

Pourquoi être royaliste.
Après une petite période de vide, je reviens avec cet article pour vous expliquer les raisons de mon choix, ainsi que celles de beaucoup d'autres français.

En
core maintenant, on entend dire que la monarchie est finie, qu'elle n'a plus raison d'être, que c'est une "idéologie dépassée". Le seul problème est que l'on peut encore constater des monarchies dans des pays civilisés et développés comme le Royaume-Uni, le Danemark, la Suède, la Belgique, l'Espagne, ou encore le Maroc (et j'en oubli beaucoup), et elle est un grand facteur d'unification du pays et de puissance (par exemple, la Belgique dernièrement). Ensuite, il y a un amalgame de termes: être monarchiste aujourd'hui en France, ce n'est pas se battre pour une idéologie, mais pour un Idéal. Ce qui est totalement différent. Comme on le dit souvent, être monarchiste, c'est avant tout dans l'esprit, puis dans le c½ur, mais aussi dans les tripes.
En
effet, on peut différencier deux types de royalistes: le royaliste de c½ur et celui de raison. "Le royaliste de c½ur, c'est le petit bourge catho de salon par exemple, coutumier des soirées de rallye et des camps scouts, qui se donne un genre un peu mytho, se cherche une référence, un modèle (je suis aussi un peu de ceux là, ;-) ). Dans cette catégorie, la grand-mère un peu déphasée est amoureuse des vieilles pierres, fidèle aux usages, plutôt gaulliste, un brin maréchaliste, nostalgique du prestige de la France et souvent béate devant la magnificence du Château de Versailles. Le royaliste de raison, n'est généralement pas issu du milieu socio-culturel cité ci-dessus. Son c½ur ne bat pas pour une cause, ni pour une terre, ni pour des racines, encore moins pour une part de mythe, ni parfois pour Dieu, mais le royaliste de raison applique la seule rigueur du raisonnement pour justifier le retour de la monarchie." (cf: le blog viveleroi.skyrock.com). J'ajouterai que le royaliste de c½ur est plus royaliste par souci familial que par flexion, il est plus nostalgique d'une époque qu'il n'a pas connu, alors que le royaliste de raison a réfléchi sa décision et a tenu compte de nombreux paramètres. Mais il y a quand même malgré tout un part de c½ur chez le royaliste de raison, cela est indéniable. Je me situe plus du côté du royaliste de raison, même si la part de c½ur est très présente. J'ai en effet été républicain, à la limite de l'idéalisme, pendant toute ma jeunesse jusqu'à l'année dernière.

Mais
rappelons quelques faits historiques: la monarchie en France, c'est quarante roys qui ont gouverné pendant près de treize siècles. Toute la puissance actuelle de la France, son rayonnement intellectuel, culturel et technologique découle directement de son passé monarchique. Si la France est aujourd'hui une des plus grandes nations au monde, c'est grâce à ses précédents suzerains. Même si l'on peut relever des fautes de parcours, des erreurs et des sottises, la France a quand même réussi à se placer pendant de nombreuses dizaines d'années sur le devant de la scène internationale, restant première puissance mondiale tant sur le rang économique, que militaire ou intellectuel. Si la France est ce qu'elle est aujourd'hui, si elle garde un poids économique, politique et culturel aussi fort dans notre monde moderne, n'omettons pas de dire que c'est grâce à ses Roys. Et qu'a fait la République, durant ses quelques décennies cahoteuses d'existence discontinue? On retiendra peut être des personnages illustres comme Charles de Gaulle (et... qui d'autre?), mais quand on mythifie un Président de la Raie publique... pardon, de la République, encore quarante ans après sa mort, en se targuant de façon souvent bien présomptueuse, de gaulliste, n'y a-t-il pas un curieux paradoxe à se définir comme Républicain (et par extension comme démocrate)? Car comme je l'ai dit précédemment, on nous attaque souvent comme étant passéistes, mais, se présenter comme étant le successeur et le porteur d'idées d'un personnage décédé il y a maintenant quarante années, n'est-ce pas aussi être passéiste?... Être communiste aujourd'hui en France, dans ce pays si développé, alors que Marx a quand me écrit ses textes il y a deux cents ans environ (si tant est que les communistes respectent les écrits de Marx...), n'est-ce pas être passéiste? Alors vous objecterez: "Et la loi de laïcité de 1905, n'est-ce pas une ½uvre de la République?" Certes, nous sommes d'accord, mais pouvez-vous me citer d'autres exemples?... D'ailleurs, cette loi, que beaucoup de monde défend sans réellement savoir pourquoi, est-elle si bénéfique? N'est-elle pas devenue un outil de destruction? N'est-elle pas devenue une aberration?... Sincèrement, je doute du bienfondé de cette loi, mais j'attends volontier que vous me prouviez le contraire!

"L
a démocratie, voilà le mal. En effet, donner l'exercice de la souveraineté à des incompétents, à des individus rationnels pour lesquels prime l'intérêt particulier, (celui-ci souvent opposé à l'intérêt général) relève de l'ineptie. Le pouvoir ne doit ni être désigné par les masses (souvent bien plus intéressées par le futur vainqueur de la Star Academy que par le prochain Président de la République), ni faire l'objet de querelles et d'intermittences qui ne peuvent qu'être nuisibles à l'établissement d'une politique sur le long terme, soucieuse de l'intérêt de tous et non pas de celui d'une caste ou d'une clientèle électorale." (cf: encore viveleroi.skyrock.com) Je me rappelle aussi que Kant (je crois bien que c'était lui) avait dit que si l'on dotait les français d'une république et d'une démocratie, ils en abuseraient... Ça n'a pas manqué... La démocratie... Aujourd'hui, on ne jure que par cela, comme si c'était du pain béni, un second Dieu, comme s'il n'y avait que cela de vrai. Droit de vote, liberté de choix politique, liberté d'expression et d'opinion... que de belles chimères, qui sont bien trop souvent bafouées, sans même que le peuple ne s'en rende compte. Je suis un fervent partisan de la liberté d'expression, ainsi que celle d'opinion, mais regardez bien ce que vous disent les médias, regardez bien ce qu'on vous apprend dans les écoles, les lycées ou les facs, regardez bien comment vous vous comportez, et vous verrez que ces deux libertés, comme nous les voyons aujourd'hui, ne sont que des vitrines, des images, des illusions. Doter un pays comme la France d'une démocratie, c'est comme acheter un appartement de 100m² dans Paris à un gamin de 10 ans.

"
Dès lors, le roy est l'unique solution: appelé dès sa naissance à gouverner, il est éduqué à cette fin: on lui inculque une morale religieuse (qui lui permet de distinguer le bien et le mal) et la culture politique nécessaire pour parvenir à son bien, qui se confond avec le bien commun. D'autre part, le roy n'a aucune caste, ou groupe déterminant particulier à ménager ou à choyer, car son pouvoir ne peut être remis en cause. La corruption, dont aucun régime ne pourra jamais s'affranchir, est bien plus limitée: l'autorité du monarque est légitime, son pouvoir est héréditaire et il est roi de jure: c'est la loi naturelle en application. Or la loi naturelle, "est la loi de la raison droite, elle ordonne le sujet pensant au bien; elle est la source de tous les droits, et de tous les devoirs" (l'Action Française Hebdo - du 3 au 16 décembre 1998). La tyrannie et le despotisme étant contraires à la loi naturelle, ce sont deux formes de règne sont formellement interdites au roy. Lors de son sacre, celui-ci jure sur les Evangiles (le roi est obligatoirement catholique) de "rendre bonne justice à chacun selon ses droits". Le roi "arbitre suprême, assure la justice en fédérant toutes les forces vives au nom du bien commun, tandis qu'il incarne le lien entre le temporel et le surnaturel" (l'Action Française)." Si vous vous posez des questions sur le retour de la religion au pouvoir, ou encore du droit divin, oume sur d'autres points plus matérielles, je vous invite à consulter mon article "Mettons les choses au clair." qui répondra à beaucoup de vos interrogations.

Je vous ai donc exposé ici quelques raisons (le plus rationnelles possibles) qui m'ont fait choisir la monarchie comme étant le meilleur régime pour notre pays, et par extension, pour l'Homme.


Comme je viens de vous le préciser, je ne répondrai pas aux commentaires qui me pousseraient à me répéter une n-me fois, je vous indiquerai les articles qu'il vous faudra consulter afin d'y trouver vos réponses.

Je vous
salut bien bas et vous souhaite une bonne fin de week-end et de très bonnes vacances.

I
n Christo Rege.
VDVRVF
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# Posté le dimanche 24 février 2008 09:31

Modifié le dimanche 24 février 2008 09:44